Le débat entre écran 144 Hz et 165 Hz revient souvent quand on parle de setup gaming. Sur le papier, 21 images supplémentaires par seconde ne semblent pas réformer l’expérience. Pourtant, entre perception réelle, exigences matérielles et arguments commerciaux, la question mérite qu’on y regarde de plus près. Aujourd’hui, le 165 Hz devient la norme sur les moniteurs milieu de gamme, parfois sans surcoût. Alors faut-il vraiment s’en soucier, ou est-ce simplement du marketing bien ficelé ?
Sommaire
Perception humaine du rafraîchissement
La différence entre 144 Hz et 165 Hz représente un gain de 1,4 ms par rafraîchissement. Techniquement, le temps entre deux images passe de 6,94 ms à 6,06 ms. Ce chiffre peut sembler négligeable, mais l’œil humain détecte des variations de fluidité à partir de 0,5 ms d’écart dans les mouvements rapides. Les 1,4 ms franchissent donc bel et bien le seuil de perception pour les joueurs entraînés.
Sur le terrain, la majorité des utilisateurs ne remarque pas spontanément ces 21 images en plus. La différence entre 60 Hz et 144 Hz saute aux yeux, même pour un joueur occasionnel. Entre 144 Hz et 165 Hz, la nuance devient plus fine. Seuls les yeux entraînés et les joueurs compétitifs perçoivent de manière constante cette amélioration subtile mais réelle, particulièrement lors des rotations rapides de caméra ou des ajustements de visée précis.
Je me souviens d’un test en aveugle que j’ai organisé lors d’une LAN entre collègues : la moitié ne voyait aucune différence, l’autre captait quelque chose sans pouvoir le formuler clairement. Pour ceux qui visent en douceur, le 165 Hz apporte une meilleure continuité visuelle lors des trajectoires de tir ou des balayages rapides. Ce n’est pas une transformation miraculeuse, mais un affûtage des sensations essentiel quand les réflexes comptent. Pour un joueur occasionnel qui profite surtout d’aventures narratives, RPG ou jeux solo à rythme lent, l’investissement dans un 165 Hz n’apportera pas toujours un bénéfice proportionnel.
Cas d’usage compétitif
Les joueurs compétitifs qui se débrouillent bien en gaming de compétition peuvent tirer parti d’un taux de rafraîchissement 13 % supérieur. Dans Valorant, CS2 ou Apex Legends, les 21 images supplémentaires par seconde améliorent la précision de visée et la capacité à réduire le motion blur devient un atout notable en match. Des tests en laboratoire montrent 3 % d’amélioration moyenne du taux de headshots chez les joueurs expérimentés passant de 120 Hz à 165 Hz.
Cette différence peut s’avérer décisive en compétition de haut niveau, où chaque milliseconde compte. La combinaison d’un 165 Hz et d’un temps de réponse de 1 ms (GtG ou MPRT) offre une sensation de connexion plus directe entre la main et l’écran. Les compétiteurs notent que les micro-ajustements de visée deviennent plus naturels, presque instinctifs. Dans les déplacements latéraux rapides ou les flicks, les 21 images en plus permettent de suivre des cibles avec moins de saccades visuelles.
Pour les streamers et joueurs professionnels, la latence totale, le temps de réponse et la stabilité sont primordiaux. Le placement de la caméra, le double écran pour le chat, et la gestion de la latence audio-visuelle entrent dans la balance. Un écran 165 Hz avec un bon temps de réponse et des options de réduction du motion blur est plus précieux qu’un écran à fréquence plus élevée mais plus lent en réponse. D’ailleurs, si vous cherchez à bien choisir son clavier gamer, sachez que la cohérence de l’ensemble du setup compte autant que chaque composant pris isolément.
| Fréquence | Images par seconde | Temps entre deux images | Profil recommandé |
|---|---|---|---|
| 144 Hz | 144 | 6,94 ms | Joueur polyvalent |
| 165 Hz | 165 | 6,06 ms | Joueur compétitif |
| 180 Hz | 180 | 5,56 ms | Compétition haut niveau |
| 240 Hz | 240 | 4,17 ms | Esport professionnel |
Matériel nécessaire
Le taux de rafraîchissement élevé nécessite un GPU capable de produire des FPS proches du 165 pour bénéficier réellement de la réactivité promise. En 1080p, les exigences sont moindres qu’en 1440p ou 4K. Si la carte graphique ne dépasse pas régulièrement 100-120 FPS en jeu, l’effet du 165 Hz sera limité. Sans GPU adapté, l’investissement reste sous-exploité.
Pour une résolution en 1440p, une RTX 5060 ou RX 7600-7700 XT est conseillée. Atteindre 165 FPS en 1440p est plus exigeant qu’en 1080p, où même une carte graphique entrée de gamme peut tenir le rythme sur des titres compétitifs. Un écran 165 Hz révèle la qualité du setup complet : processeur, RAM, stockage rapide et surtout GPU doivent être cohérents. Si vous envisagez une configuration complète, un écran gaming incurvé peut compléter intelligemment votre setup sans dépasser les 400 €.
L’optimisation passe aussi par quelques réglages simples : mettre à jour les drivers GPU, activer le mode performance dans les pilotes, réduire certaines options graphiques comme les ombres, reflets ou qualité des textures peuvent élever les FPS sans trop sacrifier la qualité visuelle. Utiliser le DisplayPort 1.4 lorsque c’est possible garantit un débit stable à 165 Hz. Activer le VRR (G-Sync ou FreeSync) permet de synchroniser le taux de rafraîchissement en fonction des FPS affichés, obtenant une expérience fluide même en dessous de 60 FPS et éliminant les problèmes de screen tearing.
Attention également aux autres paramètres qui comptent autant que le taux de rafraîchissement : résolution, type de dalle IPS ou VA, temps de réponse et technologies de synchronisation. Un bon écran 165 Hz avec un temps de réponse de 1 ms et des options de réduction du motion blur est plus précieux qu’un écran à fréquence plus élevée mais plus lent en réponse.
Marketing vs réalité
Le 165 Hz est en train de s’imposer en tant que nouveau standard milieu de gamme. Depuis quelques mois, de nombreuses dalles sont formatées nativement à 165 Hz en usine. Ces dalles ont beaucoup de similitudes avec celles qui fonctionnaient auparavant à 144 Hz. Les fabricants se sont rendu compte qu’augmenter le taux de rafraîchissement était possible sans expérimenter de problèmes au niveau du respect des délais, de la fréquence ou de la fiabilité.
En 2026, la production de dalles 165 Hz est généralisée et beaucoup de moniteurs milieu de gamme proposent désormais cette fréquence sans surcoût significatif. Parfois, l’écart de prix entre 144 Hz et 165 Hz est inférieur à 20 €, ce qui rend le choix du 165 Hz presque évident. Si vous achetez un nouvel écran gaming, autant choisir le 165 Hz car ils sont plus récents, ce qui signifie qu’ils sont plus susceptibles d’offrir des fonctionnalités à la technologie optimisée.
En revanche, si vous avez déjà un bon écran gaming 144 Hz qui répond à vos besoins, pas besoin de passer à 165 Hz. Il n’y a pas d’urgence à passer à la gamme au-dessus car ces 21 images supplémentaires ne font pas une grosse différence pour un joueur déjà équipé. Le bon moment pour acheter 165 Hz est lorsque le GPU et le budget s’alignent. Si l’écart de prix entre 144 Hz et 165 Hz est faible, opter pour le 165 Hz est souvent la meilleure décision. Dans le cas contraire, mieux vaut améliorer la dalle ou la configuration GPU, car des améliorations périphériques donnent parfois un meilleur retour sur investissement.
Les arguments marketing mettent souvent en avant le nombre brut d’images par seconde, sans préciser les conditions réelles d’utilisation. Un écran 165 Hz ne transformera pas miraculeusement un setup moyen en machine de guerre compétitive. Ce qui compte, c’est l’équilibre global : temps de réponse, type de dalle, compatibilité VRR, et surtout la capacité du GPU à alimenter l’écran correctement. Le 165 Hz devient intéressant quand il s’inscrit dans une configuration cohérente, pas comme argument commercial isolé.

